Photo article Albert sur les amours du noisetier

Noisetier : chatons et fleur femelle

En ce moment le long des sentiers : les amours du noisetier

Le noisetier est un petit arbre que l’on trouve fréquemment dans les haies libres, les talus et les bois-taillis du Boulonnais. Son origine remonterait à environ 70 millions d’années. Il forme une touffe de plusieurs branches qui partent du sol et peuvent atteindre 6 à 8 m de hauteur. Coupé au ras du sol, il forme des rejets très droits, utilisés autrefois pour fabriquer des manches d’outils, des tuteurs, des cannes, les baguettes des sourciers, voire les arcs de notre enfance. Fendu en deux, on le retrouvait aussi sous forme de lattes dans la structure qui maintenait les murs de torchis des maisons traditionnelles du Boulonnais. Fréquenté par plusieurs dizaines d’espèces d’insectes, il est recommande de le planter au bord des vergers conduits en agriculture biologique, car il attire des auxiliaires utiles contre certains insectes indésirables sur les arbres fruitiers.

Des centaines de millions de grains de pollen

Le noisetier est le premier des arbres ou arbustes de nos régions à fleurir, dès avant la fin de l’hiver     (et même le 15 janvier cette année). En l’absence de feuilles, il se repère de loin grâce à ses chatons qui, de verdâtres au début de l’hiver, deviennent jaunes à la floraison, tout en s’allongeant pour atteindre 6 à 8 cm. (Photo 1 : les chatons sont à gauche alors qu’on aperçoit une fleur femelle en bas, à droite). Les deux types de fleurs, mâles et femelles sont présents sur le même arbre.

Les chatons sont donc des épis de fleurs mâles : un seul d’entre eux contient plusieurs millions de grains de pollen, qui mûrissent avant les fleurs femelles du même arbre et ne sont de toute façon pas compatibles avec celles-ci. Le noisetier n’étant pas auto-fertile, la fécondation est opérée par le pollen d’un autre noisetier, moins en avance. Cette situation a l’avantage d’entraîner une plus grande diversité génétique.

Pour obtenir quelques noisettes

Bourgeon de la fleur femelle du noisetier
Bourgeon de la fleur femelle

Les fleurs femelles, ci-contre ont la forme d’un bourgeon allongé, de quelques millimètres de long, contenant un ou plusieurs ovules qui deviendront les noisettes en cas de fécondation réussie. Au moment de la floraison, apparaissent des stigmates rouge carmin, collants, qui avec de la chance, piègeront les grains de pollen apportés par le vent. L’extrême discrétion des fleurs se justifie par le fait qu’elles n’ont pas besoin d’attirer d’insectes pollinisateurs par des couleurs éclatantes ou du nectar, puisqu’elles s’en remettent uniquement au vent pour leur fécondation. Mais pour qu’il y ait possibilité de rencontre, les grains de pollen doivent être extrêmement nombreux, d’où la très grosse production des chatons.

Le balanin-noisette, coléoptère ravageur également connu sous l'appellation de charançon des noisettes
Le balanin ou charançon des noisettes

Si la fécondation a bien lieu, et sauf gelées tardives trop fortes, les noisettes pourront être croquées en septembre, à moins que dans l’intervalle un petit charançon, le balanin, n’ait squatté le fruit en y déposant ses œufs. Ceux-ci donneront naissance à de petites larves qui vont dévorer l’intérieur, avant de s’échapper par un trou percé dans la coque.

 

A lire : « Les arbres amoureux ou comment se reproduire sans bouger », de Francis Hallé, Stéphane Hette et Frédéric Hendoux, aux éditions de La Salamandre, très beau livre qui traite de la reproduction d’une vingtaine d’arbres. Les textes sont rigoureux et plaisants, et les photos, superbes.

 

Article écrit par Albert DALLERY

 

Galerie photos

  • balanin-noisette

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>